South Shore bank est une
circonscription de Chicago que les banques et les assurances ont décidé de ne plus
servir. Toutes les agences y ont été fermées, aucun candidat au logement, aucun
entrepreneur avec ce code postal marqué au rouge n'obtiendra un crédit auprès d'une
banque même extérieure à son quartier.
Il en va de même pour des centaines d'autres quartiers à travers les Etats Unis. En
Europe, nous avons aussi nos quartiers délaissés, comme Toxteth à Liverpool par
exemple. Nos micro-entreprises arrivent de moins en moins à satisfaire aux exigences
d'accès aux crédits, tout comme un nombre croissant de catégories de population
(immigrés, jeunes, chômeurs, employés à contrats déterminés...) soudainement jugées
risquées ou non suffisamment rentable.
Est-ce une fatalité ? Pas forcément. Les
trente contributions de cet ouvrage tentent de donner un aperçu aux multiples réponses
qui se sont dégagées ces vingt dernières années à travers le monde.
Il y a tout d'abord de nouveaux pionniers bancaires, de la micro-finance aux banques
éthiques en passant par les Community Banks, qui montrent qu'il est possible de financer
des publics réputés insolvables.
Il y a le recours à d'anciennes formes mutualistes, comme les coopératives
d'épargne. Il y a le "rating" éthique qui jauge les banques sur ce qu'elles
font ou ne font pas en terme de plus-value sociétale.
Il y a des lois, comme la loi sur le ré-investissement communautaire (DRA) aux Etat-Unis,
qui peuvent réorienter les banques vers l'économie locale.
Les banques ne sont certes pas des oeuvres de charité, mais ce ne sont pas non plus
des entreprises comme les autres et le débat sur leur rôle et leurs responsabilités
doit être ouvert.